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Aurores australes : Où, quand et comment voir les southern lights

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Tromsø, l'Islande, la Laponie ou encore le Canada... Quand on pense aux aurores polaires, c'est presque toujours vers l'Arctique et le Grand Nord que se tournent les regards. Pourtant, une aurore polaire tout aussi spectaculaire danse dans le ciel du versant sud de la planète.


Les aurores australes, cousines méridionales des aurores boréales, offrent les mêmes arcs et les mêmes danses de lumière verte, rouge et violette… avec, en prime, moins de visiteurs pour se disputer le spectacle ! De l'Argentine au Chili en passant par le sud du Pacifique, faites un tour d'horizon des meilleurs endroits où partir à leur recherche.

Une aurore polaire, deux hémisphères

Aurore boréale dans l'hémisphère nord, aurore australe dans l'hémisphère sud, il s'agit en réalité du même phénomène ; une aurore polaire naît de l'interaction entre des particules chargées venues du soleil et le champ magnétique terrestre.

Aurores Boréales dans le Nord de la Norvège

Quand le souffle solaire continu atteint la Terre, il rencontre le bouclier magnétique généré par le noyau de la planète, qui dévie l'essentiel du flux. Mais aux deux pôles, les lignes de champ magnétique s'ouvrent et laissent entrer une partie de ces particules dans la haute atmosphère, entre 90 et 400 kilomètres d'altitude.


C'est là que tout se joue : au contact des gaz présents dans l'atmosphère terrestre, les particules de vent solaire excitent les molécules atmosphériques, qui relâchent cette énergie sous forme de lumière. Le résultat prend la forme d'arcs, de voiles ou de rideaux mouvants, dont la couleur dépend de l'altitude et du gaz concerné.

Un phénomène moins connu

Déroulant leur danse de nuances de vert, de bleu et de violet en miroir de chaque côté de la planète, les aurores polaires sont comme les deux faces d'une même pièce. Pourtant, leur version du sud est beaucoup moins connue que celle du nord, notamment car les aurores australes sont plus difficiles à observer en raison de leur localisation pour nous, Européens.


En effet, il est possible de profiter des aurores boréales en Finlande, en Islande ou en Norvège, destinations accessibles à seulement 3 à 5 h d'avion. Pour les aurores australes, pas le choix : il faut quitter le continent et mettre le cap sur l'Amérique du Sud ou l'Océanie. Autant dire que les vols sont un peu plus long-courriers !


Les aurores boréales sont donc plus faciles à voir que les aurores australes. Cependant, la localisation de ces dernières transforme souvent leur observation en un défi de pleine nature. De quoi ravir les voyageurs qui aiment les sensations fortes.

Les conditions pour observer une aurore australe

Les meilleurs endroits pour observer les aurores australes sont la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et la Patagonie. Mais avant de choisir une destination, mieux vaut connaître les ingrédients d'une bonne nuit d'observation :


  • Une activité géomagnétique suffisante, mesurée par l'indice Kp (de 0 à 9) : plus il est élevé, plus la zone aurorale s'étend vers les latitudes basses et devient visible depuis des régions habitées.
  • Un ciel dégagé, sans trop de nuages et loin de toute pollution lumineuse : les grandes villes noient la faible lueur de l'aurore, mieux vaut donc s'en éloigner.
  • Les nuits doivent être sombres pour observer les aurores : une lune discrète, idéalement en nouvelle lune pour profiter d'une bonne obscurité.


Les meilleures heures d'observation sont autour de minuit, entre 22h et 2h du matin.

Côté calendrier, la période favorable s'étend de mars à septembre dans l'hémisphère sud, avec un pic au cœur de l'hiver austral entre mai et juillet. Pour suivre l'activité du ciel en temps réel, plusieurs sites Internet et applications sont devenus incontournables chez les chasseurs d'aurores : le NOAA américain ou des applications comme My Aurora Forecast, Aurora Australis ou auroramap.app, croisent indice Kp, couverture nuageuse et phase lunaire.

Australie et Nouvelle zélande, les lumières du pacifique sud

L'Astralie et la Nouvelle-Zélande offrent de nombreux sites pour voir les aurores australes.

Voir les aurores australes en Australie

En Australie, c'est sans conteste un voyage en Tasmanie qui concentre l'essentiel des chances d'observation. Cette île au climat rude est la terre habitée la plus proche du pôle Sud sur le continent océanien. Le reste du pays doit se contenter de rares sursauts : lors des tempêtes géomagnétiques les plus intenses de ces dernières années, le phénomène a déjà été aperçu depuis Victoria, voire exceptionnellement jusqu'à Sydney, Brisbane ou Uluru, mais mieux vaut ne pas compter dessus pour un voyage planifié à l'avance.


Dans la langue palawa kani du peuple aborigène de Tasmanie, l'aurore australe porte le nom de nuyina. Les légendes aborigènes d'Australie associent traditionnellement le phénomène à des feux ou à des présages, une symbolique que l'on retrouve, sous des formes variées, chez plusieurs peuples du continent.

Il est très rare d'observer des aurores australes sur le territoire australien continental. Aussi, les visiteurs qui partent à la chasse de ces lumières préfèrent se diriger sur les îles qui trempent dans la péninsule du Pacifique. La Bruny Island, au sud de la Tasmanie, fait partie des lieux privilégiés avec son cap, surplombé par un joli phare blanc et versant ses reliefs verdoyants directement dans la mer. De quoi s'offrir un spectacle de lumières dans un cadre naturel des plus somptueux !

Les southern lights en Nouvelle-Zélande

L'autre côté de la mer de Tasman offre plusieurs sites pour voir les aurores australes lors d'un voyage en Nouvelle-Zélande, grâce à des ciels parmi les plus purs de l'hémisphère sud. Dans la mythologie maorie, l'aurore australe est associée à Tahu-nui-ā-Rangi, du nom des feux de camp que les ancêtres auraient allumés dans le ciel selon la croyance traditionnelle.


Île la plus australe et la moins peuplée du pays, Stewart Island porte en maori le nom de Rakiura, que l'on traduit généralement par « la terre aux ciels embrasés ». Et elle porte bien son nom, puisqu'elle a été reconnue Dark Sky Sanctuary en 2019, avec 85 % de son territoire protégé au sein du parc national Rakiura. Une absence quasi totale de pollution lumineuse en fait un lieu à part où la visibilité sur le ciel nocturne est exceptionnelle, aurore ou non.

Sur l'île du Sud, la région du lac Tekapo se trouve au cœur de la réserve de ciel étoilé Aoraki Mackenzie, la plus grande réserve de ce type dans l'hémisphère sud. Le sommet du mont John, qui culmine à 1 029 mètres et accueille un observatoire astronomique, offre l'un des points de vue les plus dégagés du pays. Plusieurs organismes, comme Dark Sky Project, y proposent des sorties nocturnes guidées combinant observation des étoiles et guet de l'aurore.

Amérique du Sud : la Patagonie, terre de choix pour les aurores australes

C'est lors d'un voyage en Amérique du Sud que vous trouverez la porte d'entrée la plus accessible vers les aurores australes en dehors de l'Océanie. En effet, la partie sud de la Patagonie est un excellent endroit pour observer les aurores australes. Partagée entre l' Argentine et le Chili, cette zone géographique bénéficie d'une position privilégiée à proximité du cercle antarctique. Une vraie destination de choix pour les voyageurs qui souhaitent associer chasse aux aurores et nature sauvage.

Ushuaia et le parc de Terre de Feu

Surnommée la ville « du bout du monde », Ushuaia est la localité la plus méridionale d'Argentine, située à une latitude de 54° Sud. Nichée au bord du canal de Beagle entre reliefs montagneux, glaciers et étendues forestières, cette petite ville côtière est un point de départ privilégié pour partir à la chasse aux aurores australes en Amérique du Sud.


La meilleure période s'étend de mai à septembre, en plein hiver austral, quand les nuits atteignent une durée d' obscurité pouvant aller jusqu'à 13 à 17 heures. Le mois de septembre est souvent recommandé en particulier, le ciel y étant généralement plus dégagé qu'au cœur de l'hiver.


Pour observer dans de bonnes conditions, il faut s'éloigner des lumières de la ville, en direction du Parc National de la Terre de Feu ou des rives du canal de Beagle. L'endroit se prête aussi à un vrai voyage naturaliste : une croisière sur le canal permet d'observer au passage la faune locale ; colonies de lions de mer, renards de Magellan, albatros royaux ou encore manchots de Magellan... De quoi patienter en attendant la nuit !

Punta Arenas et la région chilienne de Magallanes

De l'autre côté de la frontière, le côté chilien vous lance tout autant sur un terrain de jeu ou nature et merveilles célestes se rencontrent. La région de Magallanes offre une excellente porte d'entrée aux aurores australes, avec Punta Arenas comme camp de base. La période favorable y est sensiblement la même, de mai à octobre, et permet d'associer l'observation nocturne à l'exploration des paysages spectaculaires de la Patagonie chilienne, jusqu'au parc national Torres del Paine plus au nord.

Puerto Williams et l'île Navarino : encore plus au sud

Pour les voyageurs en quête d'un lieu encore plus reculé, l'île Navarino et sa petite capitale, Puerto Williams, valent le détour. Depuis 2019, cette localité chilienne de l'archipel de la Terre de Feu revendique la place de ville habitée la plus australe du monde, ravie à Ushuaia. Adossée aux sommets granitiques des Dientes de Navarino, elle constitue la véritable porte d'entrée vers l'Antarctique chilien, accessible en avion depuis Punta Arenas ou en ferry depuis Ushuaia.

Antarctique et Géorgie du Sud : l'idéal, mais l'inaccessible

Impossible de parler d'aurores australes sans évoquer l'Antarctique et la Géorgie du Sud, en théorie les meilleurs endroits du monde puisque les plus proches du pôle Sud magnétique. Leur accès reste toutefois réservé à une poignée de voyageurs à bord de croisières spécialisées, ou aux scientifiques des bases de recherche.

Réussir sa nuit d'observation : conseils pratiques et photo

Après avoir fait votre choix parmi les meilleurs spots, sortez votre appareil photo et lancez vous les défi de garder votre propre souvenir de cette expérience exceptionnelle. Voici tous nos tips pour prendre votre plus belle photo d'aurore australe.


  • Passez l'appareil photo en mode manuel : les automatismes ne comprennent généralement rien à ce type de scène nocturne.
  • Utilisez un déclencheur à distance ou ajoutez un retardateur de deux secondes pour éviter le flou de mouvement
  • Ouvrez le diaphragme au maximum pour capter un maximum de lumière.
  • Réglez une sensibilité ISO entre 800 et 3200 selon la luminosité disponible et le bruit toléré par le boîtier.
  • Adaptez le temps de pose à la vitesse de l'aurore : de 1 à 5 secondes si elle danse rapidement, jusqu'à 15-20 secondes si elle reste plus statique. Au-delà, le mouvement produit un effet de voile qui gomme les détails.
  • Utilisez un déclencheur à distance ou ajoutez un retardateur de deux secondes pour évite le flou de mouvement.


Les smartphones équipés d'un mode nuit permettent aussi de capter le phénomène, à condition de stabiliser l'appareil (contre un rocher, un sac ou un mini-trépied) et d'ajuster manuellement les réglages disponibles.

Que vous souhaitiez prendre vos plus belles photos ou non, prévoyez plusieurs nuits sur place et ne comptez pas tout miser sur une seule sortie. Il n'est pas rare de devoir tenter sa chance plusieurs fois avant d'être récompensé : malgré la meilleure préparation, l'aurore australe reste un rendez-vous avec la chance autant qu'avec la nature !



Moins courue que sa cousine boréale, elle offre en retour des paysages désertés par les touristes et une intimité rare avec le ciel. Avec un cycle solaire actuellement au sommet de son intensité, 2026 s'annonce comme une fenêtre particulièrement propice pour se lancer dans cette chasse australe.


Qu'on la découvre depuis les rives glacées du canal de Beagle, au milieu des wombats du parc de Cradle Mountain ou sous le dôme étoilé du mont John, l'aurore australe reste l'une des grandes merveilles que la nature réserve à ceux qui acceptent de voyager loin, de veiller tard et d'attendre patiemment.