Pour célébrer ses 40 ans, Atalante ne voulait pas simplement créer un nouveau voyage, mais raconter son histoire. Une histoire faite de grandes traversées, de rencontres et de liens tissés depuis plusieurs décennies avec ses partenaires de terrain.
C’est ainsi qu’est née Tawada, une traversée terrestre de 64 jours reliant la France, l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, avant un retour par les routes mythiques de l’Aéropostale.Mais comment imagine-t-on un tel voyage ? Comment transforme-t-on une idée anniversaire en itinéraire concret, avec ses routes, ses guides, ses bivouacs, ses passages de frontières, ses temps de marche et ses rencontres ?
Pour le comprendre, nous sommes partis dans les coulisses de Tawada avec Dora et Raphaëlle, créatrices de voyages chez Atalante, Mohamed Zbair, notre partenaire historique au Maroc, et nos équipes locales en Mauritanie et au Sénégal.
“On ne voulait pas simplement créer un voyage”
Raphaëlle, créatrice de voyages :
“Pour célébrer les 40 ans d’Atalante, on ne voulait pas simplement créer un voyage anniversaire. On voulait raconter une histoire : une histoire qui nous ressemble, et surtout une histoire qui raconte Atalante.
“Pour célébrer les 40 ans d’Atalante, on ne voulait pas simplement créer un voyage anniversaire. On voulait raconter une histoire : une histoire qui nous ressemble, et surtout une histoire qui raconte Atalante.
Au départ, nous avions une seule consigne : imaginer un voyage sans avion, qui traverse plusieurs pays. La zone n’était pas définie, l’itinéraire non plus. Nous avions carte blanche.
Très vite, nous avons eu envie de revenir aux origines d’Atalante. L’agence a commencé avec de grandes traversées, des convois qui partaient de France pour rejoindre le désert du Sahara. Nous avons voulu rendre hommage à ces aventures terrestres, tout en en créant une nouvelle.”
Pourquoi le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal ?
Dora, créatrice de voyages responsable du projet :
“Parce que le désert est notre premier voyage. Le Sahara est profondément lié à la naissance d’Atalante. C’est dans ces paysages immenses que nous avons appris à voyager autrement : lentement, humblement, en marchant avec les nomades.
“Parce que le désert est notre premier voyage. Le Sahara est profondément lié à la naissance d’Atalante. C’est dans ces paysages immenses que nous avons appris à voyager autrement : lentement, humblement, en marchant avec les nomades.
Le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal forment une continuité naturelle : les portes de l’Afrique, la traversée du désert, puis l’Afrique de l’Ouest ouverte, souriante, vibrante. Ce sont trois pays fondateurs de notre histoire et trois pays emblématiques de l’aventure.”
Raphaëlle :
“Ce qui nous intéressait, c’était cette idée d’entrée progressive en Afrique. En avançant par la route, on voit les paysages changer. On commence par le nord du Maroc, plus vert, puis on descend vers le Sahara, le Sahara occidental, la Mauritanie au cœur du désert, avant d’arriver au Sénégal, dans une Afrique plus humide, plus végétale.
“Ce qui nous intéressait, c’était cette idée d’entrée progressive en Afrique. En avançant par la route, on voit les paysages changer. On commence par le nord du Maroc, plus vert, puis on descend vers le Sahara, le Sahara occidental, la Mauritanie au cœur du désert, avant d’arriver au Sénégal, dans une Afrique plus humide, plus végétale.
Le voyage permet de ressentir cette diversité. Le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal sont trois mondes très différents.”
Tawada, marcher avec un but
Tawada signifie “marche” en berbère. Le mot évoque le mouvement, le cheminement et l’esprit d’aventure. Il traduit l’idée de traversée, de découverte progressive des paysages et des cultures, mais aussi l’expérience immersive que procure un voyage à pied ou itinérant.
Mais pour Mohamed Zbair, qui a proposé ce nom, Tawada va encore plus loin.
Mohamed Zbair, partenaire historique d’Atalante au Maroc :
“Tawada signifie la randonnée, la marche. Mais pas seulement la marche. Ce n’est pas marcher pour marcher. C’est marcher avec un but.
“Tawada signifie la randonnée, la marche. Mais pas seulement la marche. Ce n’est pas marcher pour marcher. C’est marcher avec un but.
On peut faire une tawada pour aller chercher de l’eau à une source ou à un puits loin du village, pour trouver de quoi manger, pour rejoindre des personnes, pour aller à la rencontre des gens. Il y a toujours une intention derrière la marche.
C’est pour cela que nous avons choisi ce nom. Dans ce voyage, on marche et on traverse pour découvrir le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, mais surtout pour aller voir des gens. Il y a un but : la rencontre.”
Un voyage qui incarne l’ADN d’Atalante
Dora :
“L’ADN d’Atalante, c’est la marche, la lenteur, la rencontre. Ici, tout est présent : le trek dans le Jbel Sirwa, les six jours à pied dans le Sahara mauritanien, les immersions dans les oasis, les nuits en bivouac, les échanges avec les communautés locales.
“L’ADN d’Atalante, c’est la marche, la lenteur, la rencontre. Ici, tout est présent : le trek dans le Jbel Sirwa, les six jours à pied dans le Sahara mauritanien, les immersions dans les oasis, les nuits en bivouac, les échanges avec les communautés locales.
Et surtout : on traverse. On ne consomme pas une destination, on la vit pas à pas, de l’Atlas aux dunes de l’Erg Lemghaleg, du Banc d’Arguin au Delta du Saloum.
Cette façon d’entrer en profondeur dans un territoire, c’est Atalante depuis toujours. La simplicité, le partage et bien sûr de remarquables paysages.”
Comment construit-on une traversée de 64 jours ?
Raphaëlle :
“Tout est parti d’un brainstorming avec plusieurs membres des équipes Atalante. Chacun a partagé ses idées, ses souvenirs de terrain, ses anecdotes, ses envies, les destinations qui l’avaient marqué.
“Tout est parti d’un brainstorming avec plusieurs membres des équipes Atalante. Chacun a partagé ses idées, ses souvenirs de terrain, ses anecdotes, ses envies, les destinations qui l’avaient marqué.
Très vite, l’idée de la traversée jusqu’au Sénégal est arrivée. Elle était forte symboliquement, mais aussi faisable par la route. J’avais déjà parcouru une grosse portion de cet itinéraire, donc je savais qu’il était possible sans trop de contraintes majeures.
Ensuite, nous nous sommes réparti les pays pour travailler les itinéraires plus précisément, puis nous avons tout remis en commun. C’était très fluide : dès que l’idée a été lancée, tout le monde a senti qu’il y avait quelque chose de juste.”
Le point de départ a été fixé à Perpignan, notamment pour sa gare TGV et sa proximité avec la frontière espagnole. Une manière de faciliter le départ tout en restant fidèle à l’esprit terrestre du voyage.
Un guide référent pour créer le lien
Sur un voyage aussi long, l’encadrement est central. Dès l’arrivée à Tanger, les voyageurs sont pris en charge par les équipes marocaines. Un guide marocain accompagne ensuite le groupe sur l’intégralité du circuit au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal, en complément des guides locaux de chaque pays.
L’objectif : offrir une figure de confiance, un repère commun, capable de fédérer le groupe tout au long de la traversée.
Raphaëlle :
“Cela nous semblait important d’avoir une figure commune à l’ensemble du voyage, quelqu’un qui puisse être le référent des voyageurs et fédérer le groupe sur toute la durée du circuit.”
“Cela nous semblait important d’avoir une figure commune à l’ensemble du voyage, quelqu’un qui puisse être le référent des voyageurs et fédérer le groupe sur toute la durée du circuit.”
Le défi : rendre la route vivante
Tawada est une grande traversée. La route fait donc partie de l’expérience. Mais l’enjeu était clair : ne jamais laisser les kilomètres prendre le dessus sur le voyage.
Raphaëlle :
“C’est un circuit sur lequel il y aura beaucoup de route, c’est vrai. Mais on a fait en sorte d’équilibrer au maximum. Les jours où il y a des trajets importants, on essaie d’avoir aussi une activité, une visite, une marche ou un moment fort. Vous n’aurez pas de journée uniquement consacrée à la route.”
“C’est un circuit sur lequel il y aura beaucoup de route, c’est vrai. Mais on a fait en sorte d’équilibrer au maximum. Les jours où il y a des trajets importants, on essaie d’avoir aussi une activité, une visite, une marche ou un moment fort. Vous n’aurez pas de journée uniquement consacrée à la route.”
Au Maroc, l’itinéraire alterne entre randonnées dans le Rif, villes impériales, kayak au lac de Bin el-Ouidane, ascension du Jbel Sirwa, villages de pêcheurs, Sahara marocain et pause à Dakhla.
En Mauritanie, le rythme bascule vers le désert, avec une randonnée chamelière de six jours.
Au Sénégal, la traversée devient plus verte, plus vivante, entre parcs naturels, rencontres et immersion locale.
Le Jbel Sirwa, une étape exclusive
Le Jbel Sirwa, dans l’Anti-Atlas, fait partie des étapes les plus singulières du voyage. Ce massif présaharien, situé entre le Haut Atlas et le désert, offre une autre image du Maroc.
Mohamed Zbair :
“Le Sirwa est un massif présaharien de l’Anti-Atlas. L’ascension ne demande pas de compétence technique. Il y a un sentier bien tracé, accessible, parfois des sentiers de chèvres, et au sommet une très belle vue à 360 degrés sur l’Atlas, les vallées autour et les paysages présahariens.”
Le passage dans cette région a aussi été pensé pour coïncider avec la récolte du safran, un moment très court dans l’année.
Mohamed Zbair :
“C’est une région très riche de l’or rouge, le safran. Avec un peu de chance, nous serons là au moment de la récolte. Les familles se lèvent avant le lever du soleil, tout le monde participe. C’est tout un art, toute une tradition.”
Le Maroc caché, de l’intérieur
Au-delà des grands sites, Tawada cherche à montrer un Maroc plus intime.
Mohamed Zbair :
“Ce voyage, c’est le miroir du Maroc. On traverse tout le pays, du nord jusqu’au Sahara. Dans le Rif, on prend le temps de marcher, de découvrir les cultures, d’aller voir les villageois.
“Ce voyage, c’est le miroir du Maroc. On traverse tout le pays, du nord jusqu’au Sahara. Dans le Rif, on prend le temps de marcher, de découvrir les cultures, d’aller voir les villageois.
Quand on entre dans les maisons, on découvre le Maroc caché. Une fois qu’on dépasse la porte, on découvre la vraie vie des Marocains.”
Cette idée traverse tout le voyage : ne pas rester à la surface des lieux, mais prendre le temps d’entrer, d’échanger, de partager.
En Mauritanie, la logistique du désert
En Mauritanie, la traversée prend une autre dimension. Le voyage entre dans les grands espaces sahariens, avec une randonnée chamelière de six jours dans l’Adrar.
Sur place, la logistique repose sur les équipes locales et les dromadaires, appelés localement “chameaux”, utilisés pour le portage.
Becaye, partenaire Atalante en Mauritanie :
“Les chameaux portent la nourriture, les matelas, les tentes. Le groupe marche, et les animaux assurent la logistique. On peut dormir sous une tente commune, sous tente igloo, ou à la belle étoile si le temps le permet. Dormir sous des milliers d’étoiles, c’est quelque chose de magnifique.”
Le trek est aussi rythmé par les rituels du désert : le thé, le pain cuit dans le sable, les bivouacs, les oasis, les échanges avec l’équipe locale.
L’itinéraire traverse notamment l’oasis de Terjit, l’oasis de Mhaireth, les dunes mauritaniennes et rejoint Chinguetti, septième ville sainte de l’islam, célèbre pour ses bibliothèques familiales et ses manuscrits anciens.
Le Banc d’Arguin, entre désert et océan
Autre temps fort mauritanien : le parc national du Banc d’Arguin, immense réserve ornithologique entre sable et Atlantique.
Becaye :
“Le Banc d’Arguin est une réserve où hivernent plus de deux millions d’oiseaux migrateurs. On y trouve plus de 220 espèces : flamants roses, spatules blanches et beaucoup d’autres oiseaux.”
“Le Banc d’Arguin est une réserve où hivernent plus de deux millions d’oiseaux migrateurs. On y trouve plus de 220 espèces : flamants roses, spatules blanches et beaucoup d’autres oiseaux.”
Le parc est aussi le territoire des Imraguen, population locale de pêcheurs, autorisée à pratiquer la pêche traditionnelle à la voile. Les voyageurs pourront approcher les îles en voilier, sans y débarquer, pour observer les oiseaux à marée haute.
Le Sénégal, la rencontre et la vie locale
Après le désert, le Sénégal marque une nouvelle transition. Les paysages deviennent plus verts, la faune plus présente, les rencontres plus villageoises.
Au programme : la réserve de Bandia, le parc national du Djoudj, l’île de Gorée, le Delta du Saloum, mais aussi des moments d’immersion.
Raphaëlle :
“Au Sénégal, on aura deux moments forts de rencontre. Le premier avec l’association des femmes de Bambougar, qui soutient l’émancipation féminine et l’éducation des enfants. On ira au marché avec elles, on cuisinera un thiéboudienne, puis on participera aux travaux agricoles du moment : plantation, arrosage, récolte selon la période.
“Au Sénégal, on aura deux moments forts de rencontre. Le premier avec l’association des femmes de Bambougar, qui soutient l’émancipation féminine et l’éducation des enfants. On ira au marché avec elles, on cuisinera un thiéboudienne, puis on participera aux travaux agricoles du moment : plantation, arrosage, récolte selon la période.
Le second moment aura lieu dans le désert de Lompoul, avec une famille peule. Il y aura des temps d’échange, de cuisine, des jeux, une initiation au djembé, des cours de danse sénégalaise, un feu de camp, un méchoui sous le ciel étoilé.”
Ici encore, la rencontre n’est pas un ajout au programme : elle est le cœur du voyage.
L’Aéropostale, pour donner une âme au retour
Une fois le Sénégal atteint, restait une question : comment donner du sens à la remontée vers la France ?
La réponse s’est imposée avec l’Aéropostale. La route retour suivra les traces de cette ligne mythique, développée dans les années 1920 pour transporter le courrier entre la France et l’Afrique, et associée à des figures comme Mermoz, Saint-Exupéry ou Guillaumet.
Raphaëlle :
“En travaillant sur l’itinéraire, on s’est rendu compte qu’on marchait sur les traces de l’Aéropostale. Notre parcours passait par plusieurs étapes importantes de cette histoire. On a donc décidé d’en faire un vrai fil rouge, avec un accompagnateur spécialiste du sujet.”
“En travaillant sur l’itinéraire, on s’est rendu compte qu’on marchait sur les traces de l’Aéropostale. Notre parcours passait par plusieurs étapes importantes de cette histoire. On a donc décidé d’en faire un vrai fil rouge, avec un accompagnateur spécialiste du sujet.”
Cette partie sera accompagnée par Jean-Claude Nivet, passionné de l’Aéropostale, qui partagera ses archives, ses récits et sa connaissance de la ligne.
Raphaëlle :
“L’Aéropostale représente aussi une philosophie du voyage : accepter l’incertitude, faire confiance au territoire et aux hommes qui l’habitent. Notre objectif, c’est de faire résonner cet esprit à travers le circuit, en faisant une ode à la lenteur, à l’engagement et à la traversée comme expérience à part entière.”
“L’Aéropostale représente aussi une philosophie du voyage : accepter l’incertitude, faire confiance au territoire et aux hommes qui l’habitent. Notre objectif, c’est de faire résonner cet esprit à travers le circuit, en faisant une ode à la lenteur, à l’engagement et à la traversée comme expérience à part entière.”
Un voyage engagé, mais accessible
Tawada est une aventure, mais elle reste accessible à des voyageurs habitués à la marche. Les journées les plus longues se situent autour du Jbel Sirwa et de la randonnée chamelière en Mauritanie, avec environ 6 à 7 heures de marche pour les plus longues étapes.
Le Jbel Sirwa culmine à plus de 3 300 mètres, mais son ascension ne nécessite ni compétence technique, ni expérience d’alpinisme. Le circuit reste fidèle à l’esprit Atalante : une aventure exigeante par sa durée et son amplitude, mais pensée pour être vécue dans de bonnes conditions.
Les groupes seront limités à 15 personnes maximum, afin de préserver l’esprit du voyage en petit groupe.
Ce qui rend Tawada unique
Dora :
“Sa durée, son amplitude, sa cohérence. Aucun autre voyage ne relie l’Europe, le Maghreb, le Sahara, l’Afrique de l’Ouest et l’héritage de l’Aéropostale en un seul fil continu.
“Sa durée, son amplitude, sa cohérence. Aucun autre voyage ne relie l’Europe, le Maghreb, le Sahara, l’Afrique de l’Ouest et l’héritage de l’Aéropostale en un seul fil continu.
C’est un voyage accompagné de guides locaux et d’encadrants francophones dans sa totalité. 64 jours d’aventure, de rencontres, de paysages extrêmes, de cultures vivantes.
C’est une expédition moderne, accessible, mais profondément engagée. Un hommage exceptionnel à nos 40 ans et à nos origines désertiques.”
Tawada, une traversée à vivre comme un fil continu
Tawada a été imaginé comme un voyage total. Un fil qui se déroule lentement : quitter l’Europe, entrer progressivement en Afrique, traverser le désert, rejoindre l’Afrique de l’Ouest, puis remonter par les routes de l’Aéropostale.
Un voyage en minibus, à pied, en pirogue, en bivouac.
Un voyage de patience, de rencontres et de grands espaces.
Un voyage pour marcher avec un but.
Avec Tawada, Atalante ne célèbre pas seulement ses 40 ans. L’agence revient à ce qui l’a fondée : la marche, le désert, la lenteur, la rencontre et l’esprit pionnier.
Une traversée légendaire pour raconter quarante ans d’histoire, et ouvrir la route des années à venir.