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40 ans d’aventure : entretien exclusif avec un visage historique d’Atalante

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En 2026, Atalante fête ses 40 ans. Quatre décennies d’aventures humaines, guidées par la passion du voyage, du partage et de l’exploration. C’est donc une année particulière qui s’annonce pour nous et nos voyageurs, remplie de surprises.
Nous sommes ravis de continuer à écrire cette belle histoire à vos côtés et de vivre ensemble encore de nombreux moments forts. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir l’histoire d’Atalante à travers les yeux de l’un de nos collaborateurs historiques : Nicolas Martin-Laprade, arrivé dans notre agence en 1999.

Te souviens-tu de tes débuts chez Atalante ?

“Je me souviens très bien de mes débuts, c'était assez cocasse. À l'époque, sans Internet, tout passait par les brochures papier. Par exemple lors du Salon de la Randonnée à Paris, on récupérait des milliers de coupons de demande de catalogue. C'était une véritable course contre la montre : il fallait saisir ces coordonnées sur Minitel au plus vite, car le premier à envoyer sa brochure avait le plus de chances de conclure la vente. Comme nous n'avions pas assez d'ordinateurs pour tout le monde, je travaillais en horaires décalés, de 20h à 2h du matin, avant de courir poster les catalogues.La véritable révolution, c’est Internet. Avant, nous travaillions sur des brochures papier avec un artisanat que l'on a oublié : on passait des mois à trier des diapositives une à une pour illustrer nos catalogues. À l'époque, les prix étaient fixes pour la saison. Ce rythme faisait que nous passions la seconde moitié de l’année en vadrouille pour tester nos itinéraires. Aujourd’hui, les prix se fixent en temps réel donc il faut s’adapter.J’ai une anecdote qui résume parfaitement ce qu’était mon métier de chef de produit il y a vingt ans. En 2001, quand le Sahara a rouvert ses portes après dix ans d'absence chez Atalante, on m’a donné carte blanche : “Fais ce que tu veux, pars où tu veux, ne te soucie pas du budget, mais je veux un catalogue Sahara et Moyen-Orient dans six mois.”
Je rentrais de voyage avec du sable plein les poches, des cartes griffonnées et des carnets stabilotés. Ensuite venait l'étape de la création. C'était un travail d'orfèvre : on passait des heures avec le maquettiste. Si je voulais ajouter une photo, il fallait parfois couper mille caractères dans la description ! C'était minutieux, mais j'adorais retranscrire ce que j'avais vu de mes propres yeux pour transmettre l'envie de partir. À l’époque, nous avions un catalogue dédié pour chaque continent, en plus des éditions Famille et Sur-mesure.”

Quels sont les différents postes que tu as occupé ?

"Mon histoire chez Atalante est une véritable aventure : j'ai commencé comme stagiaire à saisir des bulletins de participation, avant de partir sur le terrain comme accompagnateur au Yémen, en Jordanie et en Tanzanie. Je suis ensuite devenu créateur de voyages pour la zone Afrique et Moyen-Orient, puis chef de marché. 
J'ai ensuite occupé le poste de directeur administratif et financier durant la période mouvementée du Printemps arabe, avant d'évoluer comme directeur de production puis directeur d'Atalante. Après la fusion entre Atalante et Huwans, je suis passé à un poste de Revenue manager. Mon parcours dans l’entreprise reflète parfaitement l’esprit Atalante.”

Quels ont été les grands tournants ou évolutions marquantes de l’entreprise pendant toutes ces années ?

“Comme je l'évoquais, Internet a été le grand tournant, non seulement pour nous mais pour le monde entier. Mais notre histoire a aussi été rythmée par les soubresauts de la géopolitique. Les quatre dernières décennies ont été marquées par des crises majeures, du Covid aux guerres qui ont fermé des pays comme la Libye, la Birmanie, l’Iran, le Mali ou le Tchad. On oublierait presque qu'on y a voyagé, et pourtant nous y étions !Notre quotidien a aussi dépendu de l'ouverture (et de la fermeture) des vols charters directs vers le Sahara, créant des cycles d'activité très variables. Parallèlement, nous avons vu la montée en puissance du tourisme responsable. Chez Atalante, nous avons toujours travaillé avec cette éthique, mais c’était naturel, on n’en parlait pas. Aujourd’hui, avec des labels comme BCorp et Travellife, c’est devenu un sujet central.Enfin, je retiens le boom du trek et de la randonnée dans les années 2000. Même si nous n'avons pas pris ce virage immédiatement, nous avons su nous l'approprier. Ma plus grande fierté reste la création de voyages “dingues”, comme nos grandes traversées continentales. Le fait que nous lancions Tawada, cette traversée légendaire pour nos 40 ans, prouve que cet ADN de pionnier de l’aventure est toujours bien vivant.”

Quelle ligne directrice Atalante a-t-elle su conserver dans ses voyages ?

L’authenticité, la responsabilité et la convivialité sont les piliers qui ont toujours défini l’ADN de notre marque. Nos clients nous le disent d'ailleurs très souvent : “La différence avec vous, c’est que l’on ne se prend pas la tête. On fait des rencontres extraordinaires sans jamais sacrifier la qualité.” C'est cette simplicité alliée à l'exigence qui fait notre force."

Comment Atalante a-t-elle contribué à l’évolution du voyage d’aventure ?

“Ce goût de l’exploration est au cœur de notre identité. Tout a commencé avec l’ouverture de la voie Machame sur le Kilimandjaro, qui incarnait déjà notre esprit originel. Nous n’avons jamais été des suiveurs. 
L’anecdote de la Libye en est la preuve : comment tracer des itinéraires quand vos interlocuteurs ne parlent que le touareg ? On s’est débrouillés, avec un traducteur et beaucoup de persévérance, pour dessiner des treks là où personne n’avait encore réussi à aller. J’espère de tout cœur que nos jeunes chefs de produit sauront cultiver cette curiosité et ce goût de l’aventure.”

Quels sont les moments forts que tu as vécus chez Atalante ?

“Des souvenirs, j'en ai des milliers, mais ce sont les défis logistiques et les rencontres qui m'ont marqué. Il y a une différence immense entre travailler avec un réceptif français qui vous mâche le travail, et se retrouver avec un simple post-it griffonné de quatre mots en arabe pour tout itinéraire : “Jour 1 : tel lieu, Jour 2 : tel lieu”, et se débrouiller avec ça !”.Je me souviens aussi de cette nuit au Soudan, autour d'un feu avec Mohamed Ibrahim. On mourait de froid, et de fil en aiguille, il me lance : “Et si on montait une agence locale en Égypte ?” On s'est tapé dans la main et l'aventure était lancée. Nageh et Mo resteront mes amis pour toujours. Aujourd'hui, nous sommes comme des frères.
Que ce soit Mohamed Zbair au Maroc, mes prestataires en Algérie ou Bacaye en Mauritanie, ces hommes sont la véritable richesse de ce métier. Ils ont changé ma vie et ma philosophie. Quand on voit l'abnégation avec laquelle ils traversent les crises (comme en Algérie, où le tourisme ouvre et ferme par décennies), on apprend à relativiser nos petits soucis quotidiens. Ils attendent que l'orage passe avec une dignité et une simplicité exemplaires.”

Quelles ont été les contributions d’Atalante dans le tourisme d’aventure et responsable ?

“Atalante est membre fondateur d’ATR (Agir pour un Tourisme Responsable) et a été à l'initiative de la Charte du Voyageur. Nous sommes donc historiquement à l'origine de cette démarche. Pour nous, ce n'est pas un concept marketing : nous avons toujours agi avec un sérieux et une volonté de bien faire irréprochables. 
Durant toute ma carrière, j'ai veillé à ce que nos actions sur le terrain soient sincères et transparentes ; nous avons toujours travaillé avec droiture, sans jamais faire de compromis avec nos valeurs.”

Quelles relations la marque Atalante entretient-elle avec les équipes locales ?

“Notre histoire est indissociable de notre école de formation des guides, dont nous sommes les précurseurs. En lançant cette initiative, nous avons fédéré une véritable communauté. La relation que nous entretenons avec nos réceptifs et nos guides est le pilier de notre savoir-faire : c’est elle qui garantit l’excellence de nos voyages accompagnés.Chez Atalante, chaque chef de produit connaît personnellement ses guides. Nous sommes d’ailleurs l'unique agence en France à posséder nos propres réceptifs intégrés. Cela prouve notre volonté de maîtriser le terrain de A à Z, avec des équipes aussi engagées en France qu’à l’étranger. Ce haut niveau de qualité est le fruit d’un travail relationnel quotidien.”

Quelles évolutions imagines-tu pour Atalante dans les prochaines années ?

“Cela peut paraître paradoxal, mais je suis convaincu que le trek, dans sa forme la plus pure, restera éternellement authentique : une traversée du désert restera toujours une expérience brute et vraie. Notre défi est là : continuer à offrir ces moments de vérité dans un monde où le tourisme se standardise. 
Paradoxalement, notre plus grand défi est peut-être de savoir "rester dans le passé" pour préserver ce qui est essentiel. Bien sûr, nous nous adapterons aux évolutions techniques, mais mon souhait le plus cher est qu’Atalante reste fidèle à elle-même : dénicher les lieux où l'on peut encore vivre des rencontres sincères, malgré un monde qui ne tourne pas toujours dans ce sens.” 

Nous remercions Nicolas Martin Laprade pour son riche partage qui vous permet de mieux saisir l’univers d’Atalante et ses coulisses. Avec son expérience de plus de 25 ans au sein de notre agence, il sait mieux que personne aborder les différentes évolutions qui ont pu avoir lieu dans le domaine du tourisme. Mais, il parle aussi parfaitement de ses rencontres magiques faites autour du monde durant ses voyages avec Atalante.